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23/08/05 Retour à mon village parisien pour consultation. C’est un chirurgien remplaçant pour les vacances; le docteur DAVID qui me reçoit. La radiographie est bonne ; la greffe prenant de mieux en mieux. A la prochaine consultation il faudra voir si une nouvelle opération est nécessaire. Une reprise du travail est même envisageable dans six mois. En ce qui concerne une prothèse de genou cela est envisageable mais risqué et non réalisable dans l’immédiat.

        07/10/05 rendez-vous avec le docteur LEYMARIE. La radio est toujours satisfaisante. Une opération est prévue le 02/12/05 et plus tard sera avancée au 24/11/05. Je repose ma question sur une éventuelle prothèse de genou. Le chirurgien me répond que cela est risqué car si le staphylocoque se met dans l’os, il faut amputer et non pas au niveau du genou mais au niveau de la hanche. D’après ma kiné une prothèse niveau hanche n’est pas très pratique. Pour la maintenir il faut semble-t-il des sangles qui passent par-dessus l’épaule.

        Le docteur m’apprend que les greffes osseuses n’ont pas prises exceptée une petite portion en bas du fémur. Donc on change la technique opératoire. On enlève les greffons, entre autre le morceau de péroné jambe gauche et on met en place un fixateur externe. Avant sa mise en place on aura pris soin de rapprocher les deux parties de fémur afin qu’un cal osseux se crée. Une fois ce cal osseux formé on le casse (donc ré opération) et on passe à la phase allongement de la jambe. Pour ce faire on utilise le fixateur et on allonge de 1mm/jour. Attendu que la jambe à été réduite de 13cm cela nous fait 130 jours. La technique d’allongement est très simple je prends une clé plate de 10 et je dévisse d’un tour 3 écrous d’un côté des vis et 3 écrous de l’autre. Et dire que je n’étais pas bricoleur du tout, voilà maintenant que je donne des cours ça fait peur non ? Autre possibilité lorsque l’on casse le cal osseux on en profite pour changer le fixateur et en mettre un plus pratique ; celui-ci à un diamètre de 23 centimètres. Cette taille m’oblige à mettre mon pantalon à pression qui part de plus en plus en lambeaux. La date de reprise du travail est envisageable pour juillet 2007. Il me précise cela car je lui annonce que je passerais à mi-salaire à cette date là ; et de plus je commence à trouver le temps long.

        Des rendez-vous sont programmés pour 08/11/05 : anesthésie et le 14/11/05 : radio et consultation, et enfin le 24/11/05 hospitalisation.

        Le 04/11/05 Je ressens un claquement ainsi qu’un déplacement dans le genou droit. Ce phénomène n’est apparemment dû à aucun événement particulier ; ni chute, ni mouvement, ni appui. Il me semble que l’arthrodèse à cassée.

        Le 07/11/05 je  décide d’appeler le chirurgien, je ne l’ai pas fait de suite car c’était un week-end et je pensais que cela ne changerait rien. En effet l’opération est maintenue à la même date le docteur me demande juste de passer une radio dans un cabinet radiologique prés de chez moi ; afin d’éviter de monter sur Paris. Il me précise que lors de l’opération il passera par l’intérieur de la jambe au lieu de l’extérieur.

        Sur ses indications j’appelle dont le cabinet radiologique à qui je communique toutes ces informations. L’hôpital de Garches doit leur faxer l’ordonnance et dès que cela est fait j’obtiendrais mon rendez-vous. Un peu avant midi je les appelle et la secrétaire m’annonce qu’ils ne peuvent pas réaliser ce genre de radio. En début d’après midi j’informe l’hôpital et sollicite de profiter de ma visite chez l’anesthésiste à Garches pour passer une radio. La secrétaire me répond aimablement et de manière positive. La radio passée confirme mon diagnostic.

        Le 25/11/05 C’est le jour d’une nouvelle opération ; on me réveille à 6h30 car je suis sensé passé au bloc vers 8h30. Je prends donc ma douche à la bétadine moussante. Pour ce faire vu mon état on m’installe dans un lit douche ; c’est adapté pratique et moins dangereux que debout sur une seule jambe et un sol glissant. De plus si vous êtes fatigué vous pouvez ; non ! vous ne pouvez pas faire une sieste car cela est inconfortable ! Donc après la douche on retourne dans sa chambre et on prend le petit médicament décontractant. Et c’est ce jour que je ne suis opéré qu’à 14h30. A mon réveil ma jambe droite à réduite de deux centimètres. Cela me fait au total 6cm d’écart avec l’autre jambe. J’ai deux redons ou drains qui seront ôtés le 29/11. J’ai un fixateur de modèle Illisarov. Il est composé comme suit : quatre cercles de 23 cm de diamètre  espacés d’une dizaine de cm autour de la jambe droite. Ces cercles sont reliés entre eux par quatre longues vis et écrous. Ils sont maintenus sur la jambe par quatre fiches chacun. Cela fait donc au total 16 fiches qui me traversent la peau et les os. Ce fixateur permet l’allongement de la jambe grâce à ses vis et écrous. C’est une technique utilisée notamment par les Asiatiques pour augmenter leur taille.

     On me place sous perfusion à la vancomiscine et pour la douleur de l’actikenan (à base de morphine) trois fois par jour.

        Le 30/11/05 Bonne nouvelle car mon staphylocoque ne s’est pas réveillé. Probablement vu la saison que ce petit coquin hiberne et tant mieux. Ma sortie est prévue pour le jeudi premier décembre à 14h00.

        Le 19/12/05 Consultation et radio : le chirurgien me bricole la visserie de mon fixateur afin de me réduire un peu plus la jambe. On réalise cette action afin que les deux parties du fémur viennent se toucher. Je dois à l’aide de clés plates sur les écrous réduire de 1mm le matin et 1mm le soir et cela jusqu’à la prochaine consultation.

        Le 02/01/06 Le réveillon n’est pas loin et je débute la nouvelle année avec une consultation et une radio. D’après la radio les deux parties du fémur se touchent. Il faut continuer à serrer le plus possible pour réaliser une compression. La durée de serrage prévue est d’une semaine ou arrivée en butée ou alors si la douleur est insupportable. Dans les faits j’ai cessé le serrage le 04/01/06 à cause justement de la douleur.

        Le chirurgien me rédige une ordonnance afin de confectionner une chaussure adaptée. Cette dernière devra avoir une semelle épaisse de 12 centimètres afin de compenser l’écart entre les deux jambes. Cette commande devra être opérationnelle pour la prochaine consultation prévue.     

    23/01/06 Cette chaussure ne sera portée qu’après avis favorable de la réunion des professeurs et chirurgiens qui analyseront ma radio « pentogramme » (toute la jambe sur un seul cliché) . Théoriquement un cal devrait se former entre les deux demi-fémurs. La douleur et le diamètre dus fixateur sont suffisamment importants pour que je ne puisse plus aller chercher mes petits à l’école en voiture. Conséquence mes enfants rentrent à pied de l’école. Quant à y aller en béquille je ne m’en sens pas la force. De plus avec ma tennis orthopédique (semelle de 12cm) j’ai l’impression d’être une demie-drag-queen. Et il faut dire que dans ma campagne beauceronne ce n'est pas très tendance; pour l'instant. Déjà que ma fille était un peu mal à l’aise (et je la comprends) lorsque je venais la chercher à l’école avec mes béquilles…. Concernant le traitement je suis sous morphine (skénan) 2 fois 30mg le matin et le soir je prends également 1 actiskénan 10 mg toutes les quatre heures en fonction de la douleur. A ce jour j’en étais à 3 en moyenne.

       23/01/06 La consultation et la radio donnent un bon résultat. Je dois appuyer le plus souvent possible et doucher ma jambe droite le plus souvent possible avec de la bétadine moussante. En réalité je mets systématiquement un grand sac poubelle pour prendre ma douche. Les plaies au niveau des fiches des fixateurs ne cicatrisent pas. Elles nécessitent des soins tous les deux jours et les infirmières me déconseillent également de doucher ma jambe. Il faut imaginer des aiguilles de 1mm plantées dans la chair et qui sollicitées par les mouvements divers de la jambe ne cicatrisent pas à leurs bases.

        La prochaine opération est prévue le 14/03/06 ; 1h30 d’intervention, 1 semaine d’hospitalisation. Il est envisagé de changer le fixateur et d’en mettre un tout en longueur. Le cal osseux sera cassé et l’on étirera la jambe de 1mm/jour jusqu’à récupération initiale de la jambe.

                27/02/06  Rendez-vous avec l’anesthésiste, je demande toujours du penthotal.

        13/03/06 J’effectue ma rentrée à Garches pour intervention le lendemain et je suis content car j’ai une chambre seule. Je pourrais moi qui souffre d’insomnies regarder la télé sans réveiller mon voisin. Et je vous passe les détails d’action naturelles que l’on réalisent de préférence seul lorsqu’on peut se lever d’un lit.

        14/03/06 La consolidation donc le cal osseux n’a pas réussi. Le cercle du fixateur situé en partie haute de ma jambe (pour rappel il y a 4 cercles au total) ; le cercle donc à été changé en petit fixateur droit de 10 cm de long et composé de deux fiches de 5mm de section. Il est placé dans le sens de la jambe. Il est relié au reste de l’ancien fixateur par vis et écrous  positionnés à 45°.  Cette modification à été apporté car ma cuisse avait gonflée après la réduction de la jambe de 13cm. Du coup l’extérieur de ma cuisse touchait fortement le cercle supérieur du fixateur. Des fiches étant placées à cet endroit les soins devenaient impossibles car inaccessibles. La douleur également devenait gênante d’autant que ma jambe continuait à enfler. L’autre raison de ce changement est que les spécialistes pensent que cela favorisera encore mieux la formation d’un cal osseux et ainsi la consolidation. L’amputation n’est pas à l’ordre du jour car il reste d’autres possibilités, notamment une barre en fer. A noter que cette opération avait été proposée à mon épouse à l’hôpital de Blois. Et c’est pourquoi elle avait demandé à consulter ailleurs.

        06/04/06 J’arrête la morphine car les douleurs deviennent moins intenses.  De moi-même j’arrête d’un coup mais sans faire le rapprochement j’ai des tremblements malgré une veste polaire et deux couvertures sur moi. Je mets cela sur le compte de mon état moral qui n’est pas au beau fixe. Je demande à mon médecin malgré tout si je ne suis pas à croc de la morphine. Comme à priori il ne lui semble pas et que j’avais déjà été en manque mais de l’actiskénan (je crois) il y a peu de chance. Pour l’actiskénan les symptômes étaient différents, j’avais des vertiges, quelques visions et point commun le moral en baisse. Je reprends pour quelques temps la morphine et l’arrête à nouveau d’un coup et rechute de tremblements. Le docteur confirme et me prescrit un arrêt de ce médicament progressif. Et depuis je prends deux lamaline matin et soir. J’avoue que de passer de la morphine à ce médicament l’efficacité n’est pas la même. D’autant à priori que je prenais le maximum (2 fois 30mg/jour) en morphine ; il y a si j’ai bien compris des classements dans la prise de médicaments. Je devais je crois être à 3/3. A la dernière consultation avec mon docteur des Coteaux j’ai demandé la possibilité de reprendre un peu de morphine de temps en temps pour la douleur. Elle m’à fait comprendre gentiment que vu ma dépendance à ce produit cela n’était pas raisonnable. Il est vrai que ce produit me procurait un bien être agréable en plus bien sur de me calmer mes douleurs.

        19/04/06 Je me rends à Garches toujours en ambulance pour effectuer une radio ainsi qu’une consultation avec un nouveau chirurgien. La gentille  infirmière Noisette m’apprend que le docteur LEYMARIE a changé de service. Elle essaie de me rassurer en me disant que mon dossier étant suivi par les professeurs et chirurgiens en STAF il y a toujours quelqu’un qui connaît l’ensemble de mon dossier. Je trouve en effet que changer de chirurgien tous les six mois ne joue sûrement pas en ma faveur. Mon dossier médical prend une épaisseur conséquente et vu le peu de temps dont dispose ces chirurgiens je pense qui leur est de plus en plus difficile de s’en imprégner de manière exhaustive. Et donc par-là même d’avoir un jugement objectif. Bon coté anecdotique mon nouveau chirurgien à deux heures de retard. Je le précise car il faut reconnaître qu’à Garches les retards sont en général d’une heure. La radio semble bonne mais vu l’expérience précédente l’on envisage de confirmer par un scanner dans 5 mois. Je reviendrais en attendant le 19/06/06 pour une radio et une consultation. La radio du mois de juin servira probablement, car je n’ai pas l’information de simple contrôle. En attendant je dois continuer l’appui pour favoriser le cal osseux.

     Je lui demande à quelle date peut-on débuter l’allongement et il me répond que le risque d’un rallongement est la cassure du cal osseux. Pour peu que celui-ci daigne prendre. Dans le cas positif il est possible d’allonger la jambe non pas au niveau du fémur mais au niveau tibia-péroné. Je m’imagine très mal avec une jambe raide avec un genou décalé de 13 cm par rapport à l’autre. Je ne vous raconte pas en short…Et bien sur il me semble que cela élimine toute possibilité d’avoir une prothèse de genou. Car imaginons la démarche que cela occasionnerait ; personnellement je n’y arrive pas. Sur ces bonnes nouvelles il me dit qu’il va demander au docteur LEYMARIE son avis. Il revient et m’informe que le chirurgien est au bloc et qu’il va venir me voir et s’en va à nouveau. Je ne sais pas pourquoi mais je pense que le chirurgien ne pourra remonter du bloc. J’attends 1 heure de plus et mon nouveau chirurgien revient et m’annonce que je peux rentrer chez moi. Je suis quand même surpris et j’oublie de lui demander si je dois continuer à resserrer mes boulons.

        Je commence à essayer de faire le tri dans toutes ces informations qui me sont délivrées. Je ne vois que des solutions qui ne me conviennent pas et j’avoue supporter de moins en moins bien les hospitalisations. Je souhaiterais que la meilleure décision soit prise rapidement. Je dors de moins en moins la nuit et parle seul de plus en plus. Je commence à me poser des questions sur mon état mental. J’avais vu lorsque j’étais aux coteaux deux psychologues jeunes et charmantes. J’avais commencé à leur raconter mes mésaventures. Très patiemment et très gentiment elles m’avaient écoutée. A la fin de la séance après mes confidences ininterrompues je leur ai demandé si elles avaient des questions ou des solutions à mes états d’âmes. Elles m’ont gentiment répondu par la négative à ma grande surprise. Elles m’ont proposé un autre rendez-vous mais comme je ne voyais pas la nécessité d’un second monologue ou je n’avais plus rien à ajouter j’ai décliné leur offre. Plus tard à Garches un psychiatre est venu me rendre visite dans ma chambre. Un homme sympathique qui m’avait confié avoir une résidence secondaire tout prés de là où j’habitais. Rien que cette confidence a été pour moi plus efficace que plus d’une heure avec les psychologues . Ce spécialiste m’a demandé si je désirais des médicaments ; je lui ai dis non car cela me faisait faire des cauchemars. En somme cet homme est resté tout au plus une demi-heure en discutant de chose et d’autre et cela m’a été bénéfique. Le constat est que je pense ne pas avoir besoin de psy.