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Ces deux parties seront reliées l’une à l’autre par des bandes velcro.  Dans la partie basse (au niveau pied)de la demi-coque arrière, une patte en forme de u permettais de prendre appui sans que le pied ne touche le sol pour autant. Non content d’avoir un super style il était démontable pour la toilette et me permettait de marcher sans béquilles. Et j’ai pu oh joie remettre un pantalon normal plutôt que de toujours mettre un pantalon de survêtement à pression. Loin de moi de critiquer ce dernier car il me sert aujourd’hui encore. Ma femme en avait trouvé à Décathlon et m’en avait acheté un rouge et un gris, car il restait très peu de choix de coloris. Il est dommage que ce genre de pantalons soit passer de mode car aujourd’hui ayant à nouveau un fixateur j’aimerais bien renouveler mes deux qui sont très usés. C’était donc des pantalons avec des pressions sur le côté et surtout jusqu’en haut ; ce qui permettait de les ouvrir complètement et de les enfiler comme une couche culotte. Je ne pouvais pas enfiler un pantalon normal car la patte de droite ne passait pas vu l’épaisseur de mon fixateur. Donc sans fixateur, mais avec le galliper et son épaisseur, je pouvais m’habiller non sans avoir découpé un peu le pantalon dans sa partie basse.

 22/03/03 Je me rends à mon rendez- anesthésiste et je demande à être endormi avec du pentothal car l’anesthésiant qu’il utilise m’est très douloureux. Ils satisfont à ma requête.

        15/04/05 Arrivée la veille comme pour toutes les hospitalisations ils me prennent une greffe sur le tibia de ma jambe droite et me la place sur le fémur. Il installe également une plaque reliant le genou et le fémur. Ayant perdu un peu de sang ils me transfusent de deux poches. A mon réveil j’ai quatre redons qui me seront ôtés le 19/04. Ma fille Aurore fait sa première communion sans moi et je la sais déçue.

        19/04/05 Le docteur SORIAUX m’informe que l’opération s’est bien déroulée et que dans quarante cinq jours je passerais une radio. Si le résultat est bon la résine sera ôtée dans le cas contraire une nouvelle greffe sera nécessaire. Le 20/04/05 soit le lendemain le professeur JUDET m’annonce que dans tous les cas une nouvelle opération s’impose.

        25/04/05 Après être rentré chez moi je vais passer un nouvel électromyogramme pour mon pied gauche. Le spécialiste détecte une légère évolution positive.

        25/05/05 Je vais passer une radio et depuis peu j’essaie d’obtenir un double de mes radios. J'en évoque la nécessité pour le médecin expert et j’en profite pour la montrer à mon docteur des Coteaux. Je trouve qu’il est normal que le médecin et ma kiné qui me suivent est accès à mes radios. Il faut savoir que même si les hôpitaux se doivent de mettre à disposition votre dossier médical ce n’est pas chose facile. Pour mon cas mon dossier bientôt datant de trois ans doit avoir une hauteur d’au moins trente centimètres et un poids suffisant pour être bougé en chariot. Je reviens sur le double des radios ; depuis quelques temps suite à un problème de budget je n’y ai plus droit. Du coup j’ai demandé au chirurgien s’il pouvait me prêter les dernières. Il l’a fait volontiers ; le problème c’est qu’ils en ont eu besoin lors de leurs STAF (réunion des professeurs et chirurgiens), et de plus ils l’ont cherchée partout. Habitant à deux heures de Paris je ne sais même pas si je pouvais leur poster, ce genre de prestation m’ayant été déjà refusé par un cabinet radiologique.

        03/06/05 Pour changer un peu rien de tel qu’un rendez-vous anesthésiste qui se passe aussi bien que possible. D’autant qu’ils sont généralement presque à l’heure et que cela est bien agréable.

        19/06/05 C’est le jour de la fête des pères et moi j’arrive à Garches.

        20/06/05 L’opération qui était prévue est une greffe osseuse. Ils devaient normalement me prendre sur le dernier endroit non utilisé, à savoir les crêtes iliaques côtés aines. Mais s’apercevant que l’arthrodèse (blocage du genou) n’a pas tenue il me change la plaque pour une plus grande.

   Il découvre que j’ai récupéré un staphylocoque non plus doré mais blanc. Je vais finir par croire que je fais un élevage ! Pour lutter contre ce fléau il me traite à la vancomiscine. Du coup cela décale ma sortie ; je devais sortir le 25 ou le 26 et cela est remis au 29/06. Je ne pourrais pas être à la fête de l’école de mes enfants.

        Je suis dans une chambre double et j’ai maintenant comme voisin Marc un patient d’une trentaine d’année. Il était au ski et s’est égaré dans le brouillard. La visibilité était si réduite qu’il est sorti de la piste suivi d’ailleurs d’un homme aussi perdu que lui. Malheureusement il a chuté d’une hauteur de quelques mètres et s’est brisé les deux chevilles. Ses chevilles ont été arthrodèsées et du coup sont immobiles. Imaginez la difficulté pour marché. J’avais déjà connu le cas de Philippe aux Coteaux. Cela lui était arrivé en sautant en parachute car il était militaire.

        Suite à mon staphylocoque ils prévoient de changer de technique opératoire. Dans le cas ou le microbe serait éradiqué l’opération prévue initialement serait maintenue. Dans le cas contraire ils envisagent trois interventions chirurgicales maximums espacées de deux mois minimum. En réunion (STAF) les professeurs et chirurgiens ont des opinions divergentes. Deux écoles s’affrontent l’une prônant un enlèvement total des greffes mises en place. Ceci afin de s’affranchir du microbe et pour mettre probablement une grande barre rigide au niveau du fémur. L’autre école désire continuer les greffes osseuses.

        Les infirmières ont mis le paravent pour faire la toilette à mon voisin. Je ne sais pas pourquoi mais je craque, les infirmières s’en aperçoivent mais j’essaie de les rassurer en leur disant que cela va passer. Lorsque plus tard le professeur P. pénétrera dans notre chambre sans dire bonjour ni se présenter il ira directement voir Marc qui est situé au fond de la chambre. Ils viendront avec une dizaine de ses collègues me voir. Sans autre préambule il m’annoncera que je cite : mon moral il n’en n’a rien foutre et qu’il est ici pour me sauver la jambe ! Comme à cet instant il ne s’est toujours pas présenté et ne se présentera jamais je ne connais son nom que par déduction. Heureusement qu’ils ne sont au total que deux professeurs et que l’autre s’est présenté. Je ne comprends pas trop sa réflexion d’autant que c’est la première fois que je vois cet homme et par conséquent je n’ai jamais pu me plaindre auprès de lui. Si en plus on remet ces paroles dans le contexte de l’hôpital on peut éventuellement trouver cela désagréable. Imaginez vous êtes alité encore sous l’effet de l’opération. Une dizaine de personnes rentrent dans votre chambre éteignent bien souvent votre poste de télé sans rien vous demander. Semblent vous ignorer et parlent en termes techniques que vous avez du mal à comprendre. Souvent elles vous défont votre pansement et partent en vous laissant la sensation de n’avoir été dans leurs mains qu’une grosse pathologie. Car bien souvent vous avez eu l’impression de ne même pas être regardé. Concernant le pansement lorsque l’infirmière vous le refait ce n’est pas forcément indolore donc si eux ne s’en soucient pas et bien ce n’est pas votre cas. Car je précise qu’il arrive des fois que le pansement soit défait inutilement. Si on ajoute à cela une phrase antipathique cela vous fait cocktail quelques peu indigeste.

        27/06/05 Heureuse nouvelle mon staphylocoque est destructible et je passe donc sous vancomiscine et gentia.

        28/06/05 On me passe sous orbénine malgré la connaissance de mon allergie à la pénicilline car c’est le traitement le mieux adapté pour mon microbe.

        01/07/06 N’ayant toujours pas déclenché d allergie le professeur P. vient me rendre visite dans ma chambre accompagné de ses chirurgiens. Il me demande si je suis sûr d’être allergique à ce produit. Je lui réponds que je n’ai pas de trace écrite attendu que je n’ai jamais pu récupérer mon carnet de santé. Seul un souvenir un peu vague de mon enfance ne m’a jusqu’à aujourd’hui laissé de doute. Je me souviens d’une bonne sœur qui venait à mon domicile je crois tous les jours me faire une piqûre de ce produit. J’ai souvenir également d’un liquide épais et donc douloureux. Toujours est-il qu’au bout d’une semaine j’ai déclenché un œdème de quincke. Mon visage était enflé, déformé j’avais notamment le nez en forme de grosse patate et je ne voulais plus aller à l’école. Sur ce le professeur aussi sceptique qu’il avait été mal aimable sort de ma chambre. Je peux paraître un peu dur mais il faut savoir que quelques jour plus tard malgré l’allergie le traitement a été maintenu. On peut se demander à quoi cela lui servait-il de connaître mon allergie puisqu’il passait outre.

        02/07/05 Les premiers symptômes de mon allergie apparaissent enfin. Ouf ! Je commençais à douter ! …J’ai des démangeaisons et des rougeurs aux deux bras ; cependant cela est attribué aux perfusions.

        04/07/05 On me place un port à cathéter avec aiguille de Hubert (c’est aussi mon prénom) appelée chambre implantable. Cela est placé entre le pectoral et l’épaule droite sur une grosse veine. Cela permet lorsque le patient à des veines qui éclatent à force de perfusions d’éviter ce problème. Il m’arrivait régulièrement d’avoir des diffusions. A force de bouger l’aiguille de la perfusion sort de la veine et continue d’envoyer le produit sous la peau ; ce qui a pour effet de créer un gonflement qui met quelques jours pour se résorber. Donc deux avantages pour le port à cath. D’une part la veine est plus grosse et d’autre part c’est comme un petit robinet ou l’on vient se brancher ou se débrancher lorsque c’est nécessaire. Au cas ou cet appareil n’est pas utilisé comme il se situe sous la peau  celle ci cicatrise et laisse apparaître un renflement de forme circulaire. Il semblerait que l’on à une pile ronde et plate posée sur la peau mais de couleur chair. Lors de la mise en place vous êtes sous anesthésie locale et l’intervention dure entre trente et quarante cinq minutes. On vous un installe des champs stériles et vous avez l’impression d’être sous une tente. Je me souviens qu’une gentille infirmière à glissé son joli minois sous mon étroit habitat et m’a demandé si tout se passait bien. J’étais content d’avoir cette agréable visite et cette gentille phrase car ce « drap » qui me diminuait terriblement mon champ visuel me donnait l’impression d’un grand isolement. D’autant que mon galliper avait glissé vers le bas de ma jambe et m’appuyais douloureusement sur la malléole. J’avais bien essayé de bouger mais la voix ferme de l’interne m’y avait fait renoncer rapidement. J’étais donc heureux de confier ce mal être à cette douce infirmière qui de suite me soulagea. J’avoue que je préfère les anesthésies générales mêmes si les effets secondaires sont plus important car d’une part la préparation est la même et d’autres part le temps paraît bien long lorsque l’on ne doit pas bouger. Je reviens sur la préparation à l’anesthésie : la veille au soir il vous faut prendre une douche à la bétadine rouge et moussante ; à partir de minuit vous devez être à jeun et le lendemain « rememe » douche. Après vous attendez peu de temps si vous êtes le premier sur la liste et assez longtemps si ce n’est pas le cas. Une petite anecdote au passage lors d’une opération le lendemain je devais passer le premier ou le second, j’étais satisfait. Le jour arrive, on me réveille à six heures je prends ma douche et l’on me donne mon petit décontractant  qui est généralement donné une heure avant l’intervention. Donc j’attends et j’attends encore ; en fait je suis passé au bloc à quatorze heures trente ceci dit grâce au médicament la matinée s’est passée relativement vite entre télé et somnolence.

        Toujours le 04/07enfin les seconds symptômes de mon allergie apparaissent. Il était temps qu’elles se manifestent celles-là car je commençais à douter et à craindre d’éventuelles représailles (je plaisante encore un peu excusez-moi).Maintenant cela me démange au niveau des avant-bras de la poitrine et de la jambe droite. De plus je suis rouge comme une écrevisse mais je n’es pas encore la même odeur. On suspecte une allergie à la pénicilline  (ah bon !) et l’on me prescrit du zyrtex cela limite les démangeaisons. Cependant on maintien l’orbénine car plus on traitera longtemps avec ce produit mieux se sera pour moi et je le comprends tout à fait.  Des les premiers symptômes la surveillance des infirmières s’est accentué et elle me demandait de ne pas trop m’éloigner avec mon fauteuil roulant. Elles craignaient un œdème de quincke. Une nuit l’interne voyant mes rougeurs décident d’arrêter le traitement j’avoue que cela me satisfait. Mais le lendemain le traitement est repris et j’apprends que cet interne s’est fait réprimander. Non pas car elle a stoppé l’orbénine mais parce qu’elle n’a rien mis d’autres ; ce n’est vraiment pas un métier facile je pense même que c’est un sacerdoce.

        05/07/05 L’allergie à la pénicilline étant confirmée on arrête le traitement à l’orbénine. On m’annonce que l’on va utiliser mon port à cath et que je devrais rester deux mois à l'hôpital. C’est une grande déception et je demande si l’on peut me rapprocher de chez moi. En allant par exemple aux Coteaux ; ils comprennent et m’annoncent qu’ils vont se renseigner. Malheureusement mon centre de rééducation ne peut s’occuper de moi. Même s’il y a des infirmières et infirmiers ils ne sont pas formés pour s’occuper de mon appareillage car cela demande une technique particulière. De plus il faut changer la perfusion toutes les six heures environ. Je suis convaincu que s‘ils avaient pu le faire cela aurait été fait ; il est vrai que c’est un centre de rééducation et non de soins. Cette possibilité étant éliminée je pense à l’hôpital prés de chez moi. Mais hélas celui-ci est plein je suis donc condamné à passer juillet et août à Garches. Je suis assez déprimé d’autant que mes vacances étaient réserves avec ma petite famille. Un acompte avait même été versé.

        07/07/05 Heureuse nouvelle car changement de programme. Je peux retourner chez moi sans perfusion. Cependant on change le traitement on passe à la dalacine sous forme de médicament (gélule je croix) et le lovenox habituel sous forme de piqûre, qui est un anticoagulant qui sert à éviter les phlébites. A propos des piqûres qui doivent être faites tous les jours dans le ventre ou dans la cuisse j’ai appris non sans mal à les faire tout seul. Cela évite aux infirmières de venir me les faire tous les jours à mon domicile. Je retourne donc avec mon port à cath et mon petit staphylocoque blanc qui ne me servent à rien à mon domicile. Mais je suis malgré tout très heureux d’être chez moi et de savoir que je ne passerais pas deux mois à l’hôpital.

         Le cadre de l’hôpital de Garches est agréable cela ressemble à un petit village d’immeuble agrémenté d’arbres et d’espaces verts. Les rues sont généralement à sens uniques et les voitures roulant au pas dans ce vert naturel apaisent quelques peu les patients badauds comme je l’ai été bien souvent. Dans ce village comme dans la plupart des villages règnent des enseignes ; mais ce ne sont pas les échoppes habituelles. Ici c’est la radiologie, la cafétéria (quand même) la chirurgie orthopédique et réparatrice ; bref un vrai village je vous dis. Mais de là à y passer toutes ses vacances je ne le conseille pas.