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Je lui  ai expliqué sans rentré dans les détails que j’avais quelques difficultés pour me mettre de coté. Bref, elle me dit de la prendre sous le bras et de rajouter 0.5°C et je trouve donc un total de : 37.6.  Mais sachant que le lendemain je verrais mon docteur des Coteaux je décommande le déplacement du médecin à mon domicile. La secrétaire qui me tutoie me demande gentiment de la rappeler le lendemain en revenant de mon centre de rééducation pour l’informer.

        Le 22/06 mon nerf crural me fait moins mal (on a envie de le chanter sur l’air de « l’ami caouette me fait la tête..) et je vais aux Coteaux. Je vois et travaille et discute beaucoup avec Aude qui calme les dernières douleurs de cette cruralgie par un massage dont elle a le secret . Je me dirige  ensuite vers le cabinet du médecin mais ma kiné m’apprend qu’elle est en réunion et que je ne pourrais donc pas la voir.

        Je n’oublie pas de rappeler le cabinet médical et sa gentille secrétaire. Je l’informe que je n’ai pas pu rencontrer mon médecin et de suite elle m’annonce que le médecin de ma commune passera le lendemain matin.

        Le soir vers l’heure du repas j’ai l’impression d’avoir de la température. Mais comme la veille je me suis remis à la morphine car les douleurs fiches et cruralgie étaient importantes ; j’ai pensé que ces frissons étaient du à ma dépendance à ce médicament. A u total je n’en avais pris que deux (actiskenan de 10mg) espacés de quatre heures. Dans la nuit j’ai des frissons et je rêve de mon copain Alain, je me dis que c’est deux phénomènes sont peut être liés.

        Le 23/06/06 le docteur arrive en fin de matinée. En l’attendant je me suis demandé si cette température n’était pas plutôt la conséquence d’une infection. Il est possible que n’ayant plus de pansements pour protéger mes plaies au niveau de mes fiches du fixateur. Ces plaies donc ont pu « accueillir » un corps étranger provocant une infection du sang. Je développe ma modeste théorie au docteur et lui demande s’il peut me prescrire une prise de sang. Calmement et simplement il m’explique que si la température est comprise entre 39 et 40°C il s’agit d’une grosse infection. A l’inverse si la température est située en dessous c’est une infection locale (à la base des fiches du fixateur) et dans ce cas là la crème bétadiné suffit pour l’éliminer. Il part en me disant de ne pas hésiter à lui téléphoner en cas de nouveaux éléments.

        Peu de temps après une de mes infirmières pour mes soins à domicile. Elisabeth a un petit garçon qui était en nourrisse avec mon petit Pierre et depuis ils sont restés très copains. De plus elle joue de la guitare et pratique le ski. Ces deux activités qu’elle pratique fort bien ont été de manière plus modeste les miennes aussi. Tout ça pour dire que ces points communs cumulés aux nombres de soins qu’elle m’a prodigués ont créé une relation quasi-amicale. Toujours est-il qu’elle me demande de lui raconter ma consultation de Garches. Elle me demande si j’ai pensé à consulter ailleurs. Je lui réponds que mon épouse et moi sommes allés sans lettre de recommandation dans un hôpital public de Tours. Ils nous ont demandé ce que l’on venait faire chez eux ? J’avoue que vu le ton employé cela ne m’a plu incité à consulter ailleurs. Elisabeth me parle d’une clinique sur Orléans, la clinique des allées et me propose de se renseigner ce que j’accepte volontiers.

        Dans l’après midi le docteur Anne Christine me téléphone. Après de gentilles excuses pour sa non-consultation du jeudi elle me raconte sa réunion. Elle me dit qu’elle a pensé à ma situation juridique. En effet elle était en présence d’avocats et autres experts et ils évoquaient les indemnités des victimes. Elle a de suite posé les questions me concernant mais qui bien sur s’applique à tout un chacun. On peut avoir des avances financières même si la consolidation définitive n’est pas réalisée. Il suffit si j’ai bien compris de fournir à son avocat un certificat médical attestant que la guérison est encore loin.

        Vers 20h00 je sens à nouveau ma température augmenter, souffrant moins de ma cruralgie je peux enfin prendre ma température de manière plus traditionnelle. Et je lis 38.7 ; je pense que demain j’en informerais le médecin qui s’est déplacé.  

 

24/07/06 Après un long arrêt de mes écrits je reprends mon clavier pour compléter mon récit. Nous sommes le 02/05/09 et pour information je n’ai toujours pas reçu la somme de l’assurance adverse pour mon dédommagement. Il faut préciser que la proposition de mon avocat ne me satisfaisant ni à moi ni à mon assurance, la confrontation qui devait avoir lieu le 02/04/09 à été reporté ultérieurement. Il est possible également que la somme proposée ne convienne pas à l’assurance adverse, celle-ci peut donc faire appel. Il semble cependant que dans ce cas la somme réclamée vous est versée. Il faut bien sûr la placer et mieux vaut ne toucher que les intérêts, car dans le cas ou l’assurance à gain de cause en faisant appel, il vous faut rendre la différence.

Le 24/07/06 Je rencontre pour la deuxième fois le docteur Dillon psychiatre. C’est sur les conseils du docteur Baclesse que je me suis décidé à consulter. J’avais cependant demandé au docteur Baclesse un psychiatre de préférence avenant et humain ne pratiquant le style électrochoc comme pour copain Alain. Je me suis persuadé qu’il valait mieux me confier à un professionnel plutôt que d’embêter mon entourage. Je ne regrette pas ces entrevue car c’est un docteur très humain, simple et professionnel qui je pense m’a apporté une aide, un soutien.

11/09/06 Je recevais la visite de mon neveu et filleul, Nicolas et sa copine Lorène, j’étais en béquille avec mon beau fixateur, il faut dire qu’il m’était difficile de m’en séparer. Ma petite famille étant dans la cuisine, et moi dans le salon j’ai voulu aller chercher un petit billet pour leur offrir. Mon sac ou j’avais des papiers important, était posé sur le sol les sangles trainant un peu. Je me suis levé, et une de mes béquilles a glissé sur une des sangles, et je suis parti face contre terre mais surtout fixateur contre sol, et là j’ai chanté, normal avec le sol….La douleur m’a fait passé une nuit blanche et ma température est monté à 38°6.

15/09/06 Mon infirmière qui me prodigue les soins à domicile voyant mon état téléphone à l’hôpital de Garches, mais l’équipe médicale opérant sur l’hôpital d’Amboise Paré sur Boulogne je dois me rendre immédiatement à leurs urgences. Les contrôles médicaux étant fait et à priori rien d’amalarmant, je repars à mon domicile.

25/09/06 On me retire le fixateur à l’hopital de Garches, car la consolidation semble bonne. On me met en place un galliper.

26/09/06 J’ai pris l’initiative de prendre rendez-vous sur Orléans avec un chirurgien dont on m’a parlé en bien. Mais ce médecin sympathique n’est pas favorable ni à une prothèse de genou ni à une amputation. Il approuve entièrement la politique chirurgicale de Garches.

18/10/06 Mon infirmière de soins à domicile trouvant que ma jambe est gonflée me fait transférer sur Garches. Le chirurgien semble septique tant qu’à la consolidation, il me propose l’amputation si tel est le cas. Au cas ou la consolidation serait bonne (ce qui ne peut se constater que lors de l’opération) deux plaques métalliques me maintiendraient la jambe raide et seulement dans le cas ou cela ne serait pas infectieux. Tout en sachant que j’ai toujours deux types de staphylocoques.

26/10/06 Je rentre à Garches ; le médecin vient me demander si je suis toujours d’accord pour l’amputation, je change d’avis et me rétracte (si je peux dire…).

27/10/06 Le chirurgien vient me confirmer que la consolidation n’a pas fonctionné.

28/10/06 Je rentre à mon domicile, sans fixateur et plâtré.

22/11/06 Je passe une radio suivie d’une consultation avec le médecin, un nouveau chirurgien docteur MARMOR. La consolidation n’ayant pas réussie l’amputation est fixée au 09/01/07.

08/01/07 La veille de l’amputation je fais comme à mon habitude, je bois et mange au maximum jusqu’à minuit. Je bois afin d’éviter d’être sondé en salle de réveil le lendemain, je mange afin d’éviter d’avoir faim au cas ou je passerais tard dans l’après midi. Cette nuit là plus particulièrement je regardais et touchais la partie basse de ma jambe, en me disant que c’tait la dernière que la voyais et la touchais. J’imaginais et connaissais son avenir, qui au fil des secondes s’approchait.

Pour les autres opérations le rituel était toujours le même, une douche à la bétadine le soir et le matin levé tôt pour reprendre la même douche.

09/01/07 Ayant veillé au maximum afin d’être le plus fatigué possible pour cette intervention et ainsi être dans un état de somnolence ou plus exactement d’inconscience j’ai eu la surprise de me réveiller dans ma chambre ou je n’en suis pas sûr en salle de réveil, après l’opération. Ils avaient eu la délicatesse de ne pas me réveiller pour la douche matinale, ils m’ont transféré sur le brancard sans me réveiller et ils m’ont transporté au bloc. Je les en remercie car j’ignore comment j’aurais réagi si j’avais été conscient ce matin là.